Vendredi, Septembre 10, 2010
   
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Lecture de l'anthologie 2008


Lors de la cérémonie de Remise des prix du 10e anniversaire au Salon européen de l'éducation, le samedi 29 novembre 2008, Caroline Beaune et Georges Caudron ont interprété des textes de l'Anthologie 2008.

Ils furent accompagnés au violon par Monica Acevedo et au violoncelle par Fettouma Ziouani.

Vous trouvez donc les textes choisis accompagnés de leur lecture en streaming.


J’ai des mots à la lisière de la bouche,
Tout près,
Prêts à prendre l’envol transatlantique ;
Des mots pour faire tomber trait entre frontières et pensées.

J’ai envie de connaître, envie de vous connaître
Vous, étrangers et frères de voix,
Frères de mots
Envie de me connaître et de donner au papier
Un peu de noir, les blues,
Envie de passer une nuit blanche de pages et de lignes.

Je francise pour que franchisse de mes lèvres mon âme
Jusqu’au flot de sons
Jusqu’à Mère Patrie et marées étrangères.

J’articule ma fierté
mon Québec
Pour te rencontrer aux portes des mots,
Comme partie en long voyage pour te retrouver,
Toi nouveau, toi connu, toi reconnu,
Frère de mots.
Marie-Hélène Constant
Cégep de l’Outaouais
Gatineau (Canada)







Une histoire gravée sur le papier
Simples personnages, à jamais encrés
Le poète les a abandonnés
Ils attendent depuis toujours qu’on vienne les sauver
Le coup de plume qui pourra les ranimer.

L’écrivain indigne n’est plus parmi eux
Il les laissa là, sur le brouillon crasseux
Il les fit espérer et rêver d’être heureux.
Il partit un jour, pour un monde bien mieux
Et le papier, seul, se fait de plus en plus vieux.

Solitaires êtres de rime sans vie
Dans leur monde, pas un seul bruit
Même pas le son de l’horloge, qui tourne et qui rit
Ces hommes s’oublient, dans le fond de la nuit
Et doucement, dehors, tombe la pluie.
Raphaëlle de Mazarin
Lycée Alexandre-Dumas
Saint-Cloud (92)






Au détour d’un boulevard
à l’aube d’un violon désaccordé
Rime une vie façon chocolat noir
Trempée dans un vieux café.

Il s’en suit la mélodie funeste
De la partie de billard entamée
Laissée pour comble au milieu d’un salon modeste
Où se pelotonne un chat âgé.

La fumée se fait aveuglante
La nuit tourne au mélodrame
Elle fait des confessions blessantes
Mais ne l’appelez pas Madame.

Elle perd des mots
Qu’elle débite à la vitesse d’un train
C’est le vécu d’un tableau
Eparpillé sur des pavés humains.

Un tout qui déambule machinalement
Dans une allée d’idées confuses
Abysses qui meurent tendrement
Dans un quartier qui reflétait sa muse.

La nuit n’a pas oublié son éternel chemin
Elle laisse un jour rependre sa place
Casse le violon du lendemain
Et emporte la mélancolique masse.
Valériane Holley
Lycée Les Sapins
Coutances (50)






Toucher la vie
Sentir sur mes joues le vent froid me frôler
Regarder au loin le soleil se coucher
Toucher de ma main l’eau tiède d’un étang
Toucher de mon cœur cette vie que j’aime tant.
Le monde est un cadeau
Chaque brin d’herbe en témoigne
Le monde est tellement beau
Mais chaque jour m’en éloigne.
Dans ce monde où l’on ne peut vivre
Que dans une rapidité ivre
Dans ce monde où chacun
Naît, vit et meurt
En ayant pour seul bien
La satisfaction de chaque heure.
Je veux passer ce temps
Non pas comme tous ces gens
Seule, en me lamentant
Mais je veux rêver,
Rêver de beauté, rêver d’éternité
Je veux voyager, prier, chanter.
Je veux vivre avec le vent
Car je veux être sûre
De ne rien regretter en mourant.
Toucher de ma main l’eau tiède d’un étang
Toucher de mon cœur cette vie que j’aime tant.
Arielle Le Boulicaut
Lycée Sacré-Cœur
Angers (49)






Bestiaire en folie

Le chat a vu un oiseau mauve qui fume dans l’arbre.
Le chien assis sur la moto aboie comme un petit fou.
La fourmi boit du thé vert devant le journal télé.
Et moi je cueille une rose blanche pour mon poisson.

Le cochon-dinde se prend pour une star dans sa salle de bain.
Le boa fait trente tours à patte autour de sa maison.
La tortue a peur des coins sombres au fond du sauna.
Et moi je tricote des riens pour mon araignée.

Le mouton va chez le coiffeur pour son brushing quotidien.
Le jeune coq joue au foot avec des béquilles.
La lapine boit comme un pompier pour noyer sa connerie.
Et moi je révise mes cours avec le vieux cheval hongrois....
Floriane Costes
Lycée Paul-Béchet
Cluses (74)






Les Compagnons

Ils marchent côte à côte le long des chemins de poussière
Dans un silence tel que même la nuit s’endort
Et leurs pas ne laissent de traces que si l’on y croit.
Ils ne sont que deux ou peut-être qu’ils sont dix
Et traînent leurs carcasses à travers les horizons
En nomades de la vie, vagabonds du destin
Leur maison c’est les autres, ils s’y logent et s’en vont
Remplissent leurs poches de rires qui résonnent ailleurs
Et regagnent leur errance un peu plus riches encore.
Ils s’arrêtent parfois, se noient au coin d’un feu
Fument plus que de raison et boivent à la perdre
Un verre pour toutes ces femmes qu’on ne verra jamais
Un autre pour ces hommes qu’on ne voit déjà plus.
L’un d’eux sort une guitare et elle se joue de lui
Et ils chantent, gitans, comme la vie s’en va
Un autre se lève, si grand qu’il éclipse la lune
Et pisse sur le feu pour réveiller la nuit.
Alors ils s’endorment, comme pour mieux se rejoindre
Au creux d’un rêve, au détour d’un espoir
Quitte à se perdre, autant se perdre ensemble
Car tout n’est que du vent si l’on souffle assez fort.
Puis ils reprennent la route, ivres d’incertitude
Avides de lendemains qui se foutent des promesses
En traînant leurs carcasses comme dansent les squelettes
Eux, les marchands de rêve qui enfantent la vie.
Valentin Novi
Université Louis-Pasteur
Strasbourg (67)






Nomade

Dans ma tête j’ai des rues qui sillonnent
Loin là-bas paysages nomades oubliés
De multiples maisons qui m’ont vu devenir
Vagabonde malgré moi
Furibonde malgré moi
Guerrière malgré moi
Brillante, abrutie puis confuse malgré moi
Loin là-bas paysages transformés inoubliables
De multiples maisons qui m’ont vu devenir
Sédentaire malgré moi
Complaisante malgré moi
Abattue malgré moi
Aveugle, lucide puis convaincue malgré moi
Dans ma tête ces centaines de chemins dédalent
Grand labyrinthe de carrefours indécents
Aux yeux offusqués de la Raison
Aventure immense aux gigantesques horizons inconnus
Grand voyage d’équilibriste passionnée d’insensé
Délicat débordement de l’esprit éperdu de connaissances
Où les courbes de la route, parfois douces et
D’autres fois lacérant la virginité de mes pieds curieux
Me touchent depuis toujours avec plus d’amour et de vérité
Que tous les amants au toucher savant
Que j’ai pu connaître, quelques fois le soir.
Carine Jade Valleau
Université de Montréal
Montréal (Canada)



 




Au son plaintif d’une guitare
Et au rythme régulier
De mon tam-tam intérieur
âme vidée
Devant ce papier blanc

Je me rappelle

à travers ces lignes tracées
Tachées de fausses notes
Je ferai en sorte
Qu’elles ne puissent durer
Qu’un ton
le temps
t’emporte

Je te rappelle

Cette partition
Où galope ma voix
C’est mon cri sur cet air
Mon écrit sur cette terre
Une lame fend l’air

Un silence

Car c’était naguère que papa chantait
Au rythme régulier
Du tam-tam
de sa vie
en portée
Mickaël Truong Huu Kha
Lycée Marie-François-Sadi-Carnot
Diégo-Suarez (Madagascar)








Mange-moi

à tort ou à raison, j’aimerais être mangée. Mangée par tes lèvres, par ta langue. Te faire découvrir toutes les saveurs... Caresse mes cheveux, boucles amères de chocolat. Colle‑toi à ma peau, caramel fondant. L’attraction est trop forte : embrasse-moi ! Goût de fraise sur la bouche. Dévore-moi des yeux ; les miens pétillent à ta vue. Liqueur dorée des amoureux. Liaison de nos deux cœurs : nougatine. Viens vite les croquer. Frôle mes joues sucrées et descends, mords‑moi... Mon cou est au supplice. Tu goûtes ma peau, si fragile, si palpitante... Bonbon acidulé. Arrache donc le papier, lèche, griffe... Le sang grenadine vient perler. Savoure-les donc sur ma poitrine offerte, pommes d’amour pour un enfant trop gâté. Laissons-nous à présent choir sur le sol. Mes jambes de marmelade n’en peuvent plus porter. Examine mon ventre, crème brûlée. Inspecte chaque parcelle, grain de beauté, éclat de noisette, pépite de chocolat et autres gourmandises. Zéro défaut pour la plus douce des friandises. Et maintenant ? Vas‑tu te risquer, continuer ton voyage vers des terres inconnues aux saveurs épicées ? Descendre un peu plus loin, découvrir un monde encore inexploré ? Je suis un dessert encore secret de toi. Viens, déguste-moi !
Chloé Loriette
Lycée Fénelon
Clermont-Ferrand (63)






Mon ami qui part

Mon ami, je t’ai planté comme une rose
Je l’ai arrosée par la colère du défi et de la nostalgie
Si je pouvais te débarrasser mon ami
des volcans des larmes
Mon ami, les rêves ne grandiront pas
Ne seront jamais réels
La joie ne fleurira pas dans mon cœur, les yeux ne dormiront pas
J’adore ton ombre venant de la nuit triste
Mon cœur continue à battre des lettres de ton nom
Tu resteras sa musique
Je ne l’oublierai jamais
Si tu pars de notre vie
Mes larmes vont couler
Sur nos souvenirs et nos souhaits
Mon cœur se plaint de douleur
Fatigué de notre séparation, mon ami
Mais je vais vivre malgré le chagrin
Malgré les larmes
Malgré les peines
Je vais allumer les bougies
Je vais allumer la lampe
Sur les ruines de ma peine et mon malheur.
Rime Abou Hassira
Lycée Mustafa-Hafez
Gaza (Territoires Palestiniens)






Quand je touche ses paupières
Etanches elles respirent
L’espace infini de son sommeil clos.
Et derrière ses yeux qu’on devine ouverts
Derrière,
Des milliers de chemins s’ouvrent
Comme un labyrinthe à ciel ouvert
à œil ouvert, à sommeil clos
Les chemins ne vont jamais de la même façon
Au même endroit.

Un olivier sur le bord
De la grande route de ces milles routes
De la grande route de l’invitation
Un grand soleil
Qui est partout et qu’on ne voit pas.
Un halo de poussière solaire
Autour de mes orteils.
Mon grand voyage commence
Par mon petit pas sur la grande route.
La grande route
N’effraie pas
Le halo de poussière
Autour de mes orteils.
Je m’en vais d’un pas certain
sur la grande route de tes chemins.
Magdalena Borakiewicz
Lycée français de Tananarive
Tananarive (Madagascar)






Ku Klux Klandestin

Ma mère derrière
La mer devant
La barque amère
Ma folie dedans

Vagues s’élevant
Agitées et saoules
Comme d’affreuses cagoules
Affolées par le vent

Je hais les noirs
Ils ont blanchi les blancs

Pirogue aliénée
Espoirs tanguant
Souvenir putrescent
De la terre abandonnée

Mourir noyé, vivre chez moi
C’est si pareil, si choquant
Fier de mon âme que la mer boit
D’autres verront Perpignan

Je hais les blancs
Ils ont noirci les noirs

Ma mère derrière
La mer devant
La barque amère
Et ma folie dedans

Ô Paris, fais-moi une risette !
Djiba Véronique Barry
Lycée « Les leaders »
Dapaong (Togo)






Parlez-moi du monde

Parle-lui du monde et des richesses dédaignées
Parle-lui de cette belle Arabe et de son voile envolé
Par un soir de vent furieux
Et de son rire et de ses hanches qui épousaient la houle
Dans ses bras nus sur la plage de Palestine
Comme au bastingage d’un navire toujours en partance

Parle-lui du soleil de midi
De cette chaleur jaune
Du poids de la lumière et de la vie

Parle-lui d’amour et de passion
Et d’indifférence

Montre-lui ce que peut être la force
Parle-lui des hommes qui sont morts
Et montre-lui le sang sur tes mains

Apprends-lui à danser
Dis-lui les nuits en terre sainte
Dis-lui les étoiles et la haine
Les étoiles et les flammes qui s’attachent aux vieilles pierres
Apprends-lui la couleur de l’innocence et dans sa main
Dépose un sabre

Et sur un cheval toujours au galop
Parle-lui de ce pays
Dont on ne revient pas
Parle-lui du sable
Et du vent qui avalent les hommes
Parle-lui de ces endroits où l’on peut mourir enfin sans laisser de traces

Parle-lui de ce monde
Car je l’y attends déjà
Enfant pauvre et capricieux
Amoureux et meurtrier comme les autres
Loïc Bertrand
Lycée Henri IV
Paris (75)






Un Zapata palestinien

Elle naquit un soir d’été
Dans un bordel à New Delhi
Parlait slovène et portugais
Et voulait vivre en plein Paris
Disait souvent que tous les pays
Seraient un jour un peu les siens
Lorsque son père au paradis
Aurait buté tous les saints

Elle lisait Le Monde
Diplomatique, ça va de soi
Et voulait faire politologue
En Bolivie, ça va de soi

Elle avait lu Lénine
De Gaulle et même BHL
Portait juste un vieux jean
Un débardeur à dentelles

Elle vit toujours en Argentine
En plein cœur de Bucarest
Et tire un peu la grise mine
Quand elle voit ce qu’il en reste
Rêvant parfois de Guevara
Pour lui donner un coup de main
Corée du nord, Guatemala
Un Zapata palestinien.
Mickael Idrac
Ecole Supérieure de Commerce Pau
Pau (64)






Distance

Je marche sur un fil,
Le fil de l’indolence,
Mon cœur empli d’exil
Et mes pas de distance,

Confiants. Le matin
Me couvre d’un manteau
Et me prend par la main,
Car je suis à nouveau

Enfant. A l’horizon
Se dessine le rêve
Et dans l’azur profond,
L’espérance s’élève

Doucement. Mon esprit,
Libéré de ses chaînes,
Retrouve l’harmonie
Et l’allégresse reine.
Nathaniel Hiroz
Gymnase cantonal de Beaulieu
Lausanne (Suisse)






Une Rose dans un marécage.

L’histoire est triste. C’est une histoire sombre. L’histoire de la nuit que la lune n’éclaire jamais, l’histoire du jour d’éclipse, l’histoire du papillon qui n’a pas d’ailes, l’histoire du moi qui n’a pas de sens. Ou n’en a-t-elle qu’un seul ? L’histoire de ce sens que l’on ne croit nommer que par le cœur. L’histoire de ce sens découvert. Un sens dénudé. Un sens où le nu n’a pas honte. Où la pudeur n’existe pas. Un sens où seul le battement permet l’histoire. L’histoire d’un sens triste. Mais épanoui. L’histoire d’une histoire vicieuse. L’histoire d’un envol sans atterrissage, d’un départ sans retour, d’un espoir perdu, l’histoire d’une flamme éteinte, d’une lumière lointaine.
L’histoire est morte. C’est une histoire sans corps. L’histoire de l’âme, celle que nous avons tous une fois vue. L’histoire de l’innocence... L’histoire de l’âme est une histoire qui s’estompe. L’âme existe de moins en moins.
Et l’histoire est de plus en plus proche. C’est nous qui nous en éloignons. C’est nous qui la quittons. L’histoire est là. Elle n’attend que l’âme. Et l’âme disparaît.
L’âme n’est pas toujours présente. Elle est malade. Les hommes n’ont pas su la guérir. L’âme est faible. Il ne faut pas avoir d’âme sur terre. Un cœur suffit. L’âme est une maladie incurable. C’est une rose dans un marécage. Elle est assassinée. Etouffée. Et seul un corps suffit. Et un cœur peut‑être. Ce cœur qui est peut-être contrefaçon de l’âme.
C’est une rose dans un marécage.
Sarah Harnafi
Lycée René-Descartes
Rabat (Maroc)






Dans l’ellipse de nos cinémas gribouillés
Je bouscule des phrases qui n’intiment pas quelque amour
Des phrases nérudiennes
Qui charrient le facto à l’hospice

Mes pieds naviguent sur l’eau
Entre le monde et toi
Au mitan de mon épopée
Valparaiso je la hais d’amour
Tu ne me laisses pas choisir

Dans mon sac de voyage
Imprudemment traîne peut-être encore
Un billet-retour
Destination :
Ta piste grande ouverte

Mais par audace ou lâcheté
Ou pour permettre un manque
Potentiellement poétique
Je me réclame du Pacifique
Et je m’offre le monde
Un billet déchiré
Je te choisis en mille
Parmi toutes les autres
Terres d’accueil
D’écumes et d’écueils
Charles-Éric Blais-Poulin
Collège de Maisonneuve
Montréal (Canada)






Tais-toi. Reste silencieux, je t’en prie ; laisse-moi imaginer, laisse-moi me tromper, me noyer dans de beaux mensonges morbides de ma fantaisie enflammée, laisse-moi me faire mal moi-même. Avale tes mots, ils te trahissent ; leurs fausses notes déchirent les cordes déjà tendues de mes nerfs. Caresse mes doigts nerveux, imite la tranquillité ; bluffe et laisse-moi imiter la confiance. Tu me feras mal bientôt. En attendant, je graverai dans ma mémoire tes grains de beauté tellement familiers, tellement douloureux... Ne bouge pas. Reste encore ce dieu qui m’aime pour quelques instants, avant de devenir le monstre qui hantera mes nuits enfumées. Attends encore ; l’ignorance prétendue fait glisser déjà autour de mon cou la corde qui pendra notre amour ; ce ne sera pas de ta faute : mais tais-toi seulement, ne dis pas, ne me dis pas... Une goutte de sang coule de ma lèvre mordue ; doucement, doucement. J’ignore cette mèche de cheveux étrangers, cette bride qui t’éloigne de moi et te mène là où se mêlent désir et remords ; j’ignore le visage de l’infidélité ; j’enterre mes soupçons et dresse un immuable mur d’adoration contre lequel se brisent toutes les preuves de ton atrocité. Je ne sais pas que ton amour est dissout déjà dans une pitié difforme et égoïste et m’a fui à jamais.
Mon pauvre lâche, je partirai moi-même.
Katerina Ivanova
Lycée français de Prague
Prague (République Tchèque)






J’ai un trou

Maman, maman
j’ai un trou
des trous partout !!

Maman, maman
qu’est-ce qu’on fait quand on a des trous ?
maman, maman
tout est devenu noir !!

Un boum dans mon cœur,
ma tête et mon âme...

Maman, maman
ça fait si mal...
qu’est-ce qu’on fait quand on a mal ?

Je marchais dans la rue,
regardant le ciel...
J’avais enfin oublié mon chagrin et l’artificiel...

Et tout à coup tout est devenu noir...
un boum dans mon cœur,
ma tête et mon âme...

Maman, maman
j’ai entendu trois « boum »
un boum dans mon cœur,
ma tête et mon âme...

Maman, maman
ça fait si mal,
j’ai trois trous dans mon corps...

Un boum dans mon cœur,
ma tête et mon âme...
Sarah Zaafrani
Lycée Pierre-Mendès-France
Tunis (Tunisie)






Rimb en O

Tu as la fesse ferme vil coquin,
Des jambes trop grandes, trop marché furibond,
Fugues, cours et ris vilain !
Semelles de vent et pattes en rond.

Absinthe ! Absinthe ! Encore un verre !
H, Hasch, Haschich et ventre à terre !
Tout nu, tout nu dans les bois
Mon beau salaud au blanc minois.

Sodomie, crapote et ris,
Dans les rues de Londres ou sur les docks,
Tu mènes la danse et tu souris
Quand Verlaine voudrait te voir en cloque.

Pan ! T’es mort, plutôt ta main
Viser c’est dur quand on est plein !
Pleure, pleure le dégarni,
Tu ne vaux rien de plus que ta poésie.
Pauline Manouvrier
Lycée Louis-Blaringhem
Béthune (62)






Autre,
étranger, étrange, une personne étrange, personne, rien, néant, infini, lointain, souvenir, sentiments, péché, luxure, gourmandise, paresse, colère, Jalousie, envie, oubli, oublié, souvenir, inverse, opposé, ou tout simplement différent, changement, nouveau, inconnu, bientôt connu, horizon, avenir, futur, continuité, vie, univers, espace, immense, perdu, embrouillé, œufs brouillés, manger, boire, envies, gourmandise, besoin, exception, occasion, date, imprévu, prévu, quotidien, matin, midi, soir, nuit, jour, journée, souvenir, images, son, goût, senteur, cinq sens, sens, aucun sens, signification, réponse, question, idées, opinion, différent,
Autre.
Carolyne Croizier
Lycée Presles
Cusset (03)



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