Vendredi, Septembre 10, 2010
   
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Palmarès 2004

Vincent Legeay
Palmarès 2004
Premier prix de Seconde

Murmures
Etranges sensations que ces soufflements pour les sens.
Des milliers de notes qui rentrent dans la danse.
Le doux bruit tout à coup brutal fait encore des siennes
Comme un immense bonheur dans cette immense peine.
Un battement de coeur, la musique qui démarre,
Quelques paroles insensées tirées d'on ne sait où.
L'esprit de tout ceci ne rendant pas l'espoir,
S'éloigne peu à peu pour partir d'un coup.
Maintenant le silence présent sur chaque bouche.
Fantôme de phrases évanoui à chaque touche.
Plus que ce bruit pour calmer toutes larmes,
Bien réel, bien vivant, ne possédant pas d'arme.
Que le pouvoir de jouer et de toucher les âmes.
Insuffisant pour couvrir les souffrances
Débarquées sans prévenir avec l'aide des flammes,
N'ayant que le silence pour toute conséquence.
De ce murmure éternel plus personne ne rira
Car chacun au son de l'orgue se rappellera
Cette mère en sanglots qui serre de tout son corps
La dépouille restée muette du petit garçon mort…

 

Cyrine Ben Hassine
Palmarès 2004
Premier prix de Seconde

Les cauchemars bleus
Dans cette ère où pénombre triompha
Je trouve peine à me défaire
De cauchemars où le mal je vois
Déchiquetant les ombellifères
Ce tourment tactile que je frôle
Cette amertume qui s'ensuit
Cette main gelée sur mon épaule
Dont toute lumière s'enfuit
Là-bas au loin ces farfadets
Qui de nos espérances tatouinent
Qui nos navires font chavirer
Détenant en main nos boulines
Moi dans la brousse je déambule
Perdue à l'antre de la fantaisie
Telle une enfant candide, crédule
Je ne sais point où j'en suis
Leurs rires hideux de l'agonie
Aux festins d'âmes malveillantes
Toute cette funèbre ironie
Qu'ils sèment est empoisonnante
Céder à la rêverie ou plaindre
Cette massacrante réalité
Que de ma vie je ne veux plus craindre
Mon choix est désormais fait

 

Ilaria Alemano
Palmarès 2004
Second prix de Seconde

Tes yeux
Je les voyais
Je les regardais
Avec la pensée
Je les caressais
Je les désirais et je les aimais
Mais tout d'un coup
Le temps s'est arrêté
En me disant : " Ne me perds pas
Pour deux yeux clairs ".

 

Laëtitia Le Men
Palmarès 2004
Second prix de Seconde

La rose qui n'avait pas d'épine
Elle est restée derrière la vitre qui pleure
La poussière d'or masquée d'étoiles grisées
La rose fanée de leurs pluies de plomb brisées
Elle est restée derrière sa vie par erreur
Prisonnière des murs au parfum de ses larmes
Règnent les échos des regards inébranlables
En elle est gravée la différence ineffable
Et dans un dernier souffle elle a rendu les armes
Elle s'est enfuie du pauvre sol pour son esprit
La couleur enivrante de ces rêves sourds
La chaude lueur ternie de ces mots trop lourds
Elle s'est enfuie et la douce enfant l'a suivie
Un murmure du vent d'un langage angélique
L'appela dans un bouquet de rires d'enfant
La souleva sur son nid de caresses blanc
Bercée d'une ritournelle au charme idyllique
Les coloris renaissaient des plumes des dieux
Comme la neige d'argent tombait des oiseaux
Miroir des astres éternels au creux de l'eau
Le temps alors séduit s'est figé dans les cieux
Elle est restée derrière la vitre qui pleure
La poussière d'or masquée d'étoiles grisées
La rose fanée de leurs pluies de plomb brisées
Elle est restée derrière la vie qui se meurt.

 

Zamfir Raluca
Palmarès 2004
Troisième prix de Seconde

Jeu d'enfant…

Le soleil verse des rayons de sang
La lune ne se lève plus,
Les étoiles sont vaincues,
Les planètes se tourmentent,
L'univers est seul et infini,
L'herbe pousse de haut en bas,
Les terriens ont quitté la vie,
Les oiseaux ne chantent pas,
L'arc-en-ciel a deux couleurs :
Blanc et noir ;
La jungle murmure à peine,
Les rues - pleines de voleurs,
Les gens perdent l'espoir,
Les uns sont gais et vivants
Les autres pleurent et meurent,
...je suis morte depuis longtemps...
mais je vis…

 

Angélique Badin
Palmarès 2004
Troisième prix de Seconde

Petite souris
Je souris, petite souris
Qui trompe le bouffi matou.
A malin, malin et demi
Félin tu trouves plus filou.
Attention petite souris,
Le chat fâché ne sourit plus
Il n aime pas la moquerie.
Attentionné, il ne joue plus.
Cache-toi petites souris!
Vite, vite entre dans ton trou!
Souriceau rusé n'est pas pris.
Quel maladroit ce gros matou!
Vexé minou s'est endormi.
Pour l'instant il ne chasse plus.
Il rêve et lui aussi sourit.
Danse souris au nez poilu!
Souriceau poltron que nenni,
Plutôt prudent du m'as-tu vu,
Trotte souris, pas vu, pas pris.
Matou matois est dépourvu.
Dès potron-minet la souris,
Point ne galope, point ne joue.
Du minet elle s'en méfie.
Félin est un fieffé filou.

 

Antoine Villard
Palmarès 2004
Premier prix de Première

La nef du Temps

Depuis l'auguste voûte, le soleil tranquille
Baigne de ses rayons une mer immobile,
Et le vent, caressant l'écume de dentelles,
Chante haut les louanges du ciel immortel
Mais l'on entend soudain un fracas de tambours :
Sur les flots bleus navigue un vaisseau noir et lourd.
Noirs sont ses quinze mâts, et noires sont ses voiles.
Un singulier théâtre se joue dans ses cales.
Parmi les galériens, un squelette est debout,
Qui frappe des tambours de mille et mille coups,
Et son crâne se tord en un sourire rance,
C'est la mort qui est là, et qui bat la cadence !
Et roulent les tambours, avec leur sombre bruit,
Et roulent les tambours, roulent à tour de bras !
De leur sueur brûlante, les rameurs sont gras,
Le vaisseau noir navigue au soleil de midi.
Ainsi vogue le temps, qui fleurit les campagnes,
Le temps qui, doucement, agite le berceau...
Le temps qui nous trahit, et nous traîne au tombeau !
Ainsi vogue le temps, qui abat les montagnes.
Et roulent les tambours, héraults de l'agonie,
Et roulent les tambours, jusqu'à notre trépas !
Car déjà, c'est le soir, et les rameurs sont las...
La barge funéraire se fond dans la nuit.

 

Katia Belkhodja
Palmarès 2004
Premier prix de Première

1er prix : , , ,
Dix-neuvième
Marathon morbide de mes mots sur le papier
Que j'écris à genoux devant des souvenirs
D'une autre époque, des veules et lentes araignées
Au plafond de l'écrivain qui savait souffrir
Mes larmes ont la couleur du sang de Baudelaire
Mon regard dément a la langueur du spleen
Je voudrais suffoquer, me noyer dans ses vers
Brûler dans ce bûcher, ardente et assassine
J'aurais été sorcière si j'étais née plus tôt
Mélusine maléfique d'une Salem bien-pensante
Avec une fleur de lys tatouée sur le dos
J'aurais mordu des lèvres dans ma mâchoire sanglante
Aux Halles de Paris, j'aurais fait la voleuse
Rêveuse courant les rues, sauvages pour mes victimes
Crachant sur les commères, dans ma figure de gueuse,
Deux grands yeux innocents attristés par le crime
Et Rimbaud et Verlaine, fous amoureux de moi
Écriraient des merveilles d'amour et d'émotion
La cruauté douceâtre d'une robe de soie
Aurait miné leurs âmes et tué leurs passions
Mais qui que j'eusse été dans ce siècle à d'autres
D'autres femmes, d'autres auteurs, d'autres folles amantes
J'aurais quand même été la triste et sombre apôtre
De notre amour naïf qui s'étonne
Que tu me mentes

 

Emmanuelle Bernasconi
Palmarès 2004
Second prix de Première

Astre d'Opale

Lune couleur d'opale,
Pâle comme une morte lointaine.
Ta tendresse est paradoxale
A ton apparence froide et hautaine.
Tu as vu défiler les âges,
Les malheurs, les péchés humains.
Avec un regard triste et sage
L'influence mystique du malin.
Tu donnes aux pillards ta lumière,
Aux savants ton inspiration
Tu montres le chemin des enfers,
Aux victimes de la damnation.
Tu es l'artisane du ciel,
Et de tes fines mains d'argent
Sortent des anges emplis de fiels,
Qui prennent des airs terrifiants
Tu aimes la vie, tu fuis le temps
L'heure de la mort tu ne sais point.
Déesse lunaire, astre brillant,
Amante éternelle de l'être humain…

 

Marie Dercourt
Palmarès 2004
Second prix de Première

Poème : Soir d'été
Voici venue la nuit
La nature dévoile
Ce qui reste de la vie
Peut-être un voile
Le soleil se couche
La mer bleue s'assouvit
Les couleurs s'ébauchent
Sur le ciel de Mali
Tout ceci est trésor
Présage d'un pur monde
Plus précieux que de l'or
Plus beau que ton onde
Les étoiles se glissent
L'astre blond s'évanouit
La lune s'immisce
Et tes yeux saphir luit
Puis ton corps s'enivre
Ton esprit s'évide
Phébus se délivre
Toi, tu sors du vide

 

Boubacar Alhassane
Palmarès 2004
Troisième prix de Première

J'aime
J'aime le message de la mer
Le bruit des pas sur les routes
L'espoir au fond des prisons
Le refus des agenouillements
La dernière balle du dernier traqué de Thiaroy
J'aime le paysan sous le soleil
La solitude verte du berger
Les rêves à la clarté des étoiles
Les voix flexueuses au bord de la lagune
J'aime les velours des cerisiers
Les heures douces sous les tamariniers
Les chevauchements des cauris sur le van
La rondeur des calebasses pleines
J'aime la danse autours du feu
La danse au clair de lune
Les ivresses du "toto"
J'aime le sinistré de la dernière pluie
Les enfants pour leur innocence
Les filles pour leur soupir d'amour
Les femmes pour leur clair sourire.

 

Cindy Falquet
Palmarès 2004
Troisième prix de Première

Poème : L'archée

J'ai jamais su vraiment manier l'art du retour
Et ces mots qui te blessent voudraient parler d'amour
De mes rêves à tes lèvres il y a tant de détours
Mes ailes se sont brisées sur les murailles des jours
Personne dans la plaine ne sait ce drame d'hiver
Chacun d'entre vous passe et mes larmes l'indiffèrent
Pas d'ange à l'horizon sur cette sphère de misère
Je reste avec ma peine dans ma prison de verre
Et lorsque sonne l'heure comme on déclare la guerre
La foule se met en marche, libérée de ses fers
Et les oiseaux s'envolent comme autant de prières
Les yeux soudain s'éclairent d'une vie éphémère
Et moi parmi les Autres je cherche la lumière
Et de mon coeur à vif, j'ai embrasé la Terre
Incandescence unique que ma raison fit taire
Je fais ma vie des sangs d'une passion meurtrière
Sur l'encolure d'oubli, enfin mes bras se serrent
De son aura de feu, ton nom brûle mes chairs
Au galop des adieux mon âme vise l'Enfer
Mais dans ma nuit, l'Amour se cabre de colère
Car mon coeur immuable croit encore aux toujours
Et toi si désirable je t'appelle au secours
Et tes yeux de silence irradient en retour
J'ai jamais su vraiment manier l'arc de l'Amour...

 

Caterina Iacob
Palmarès 2004
Premier prix de Terminale

Au bord de rêve
Au bord de chaque rêve
Il reste un désir non-accompli
Une mystérieuse nostalgie, un furtif esprit
L'espoir d'un jour plus complet
Au bord de chaque rêve
Il reste une larme sèche dans le malaise
Un amour perdu au fond de l'abîme
Dans l'ombre d'un fait surgi du désir
Au bord de chaque rêve
Il reste un sentiment de crainte
Une pensée cachée, confuse et vague
Qui te transforme brusquement en diable
Au bord de chaque rêve
Nous restons seuls à côté des illusions
En essayant l'âme ouverte
De survivre entre les confusions.

 

Thibaut Giraud
Palmarès 2004
Premier prix de Terminale

Nos plume détraquées

Salir la page blanche en un pauvre poème
Poser le premier mot poser le premier vers
Ajuster la césure avec art et manière
Rêver d'être un auteur quand on est que soi-même
Je suis le ténébreux le veuf l'inconsolé
Empruntant à Rimbaud Baudelaire ou Nerval
Fascinants forgerons de lignes inégales
Pardonnez-moi les vers que je vous ai volés
Suis-je auteur ou plagiaire ? Inventeur ou larron ?
Je suis le ténébreux le veuf l'usurpateur
De ces mots dont jamais je ne serai l'auteur
Car je n'ai jamais su traverser l'Achéron
Tant la lyre d'Orphée instrument indocile
Refuse d'obéir à mes doigts malhabiles
Fin. Pauvre sonnet.
Que voulez-vous... Il y a des jours parfois
Où les mots sonnent faux
Espoir Aveugle Beauté Muette Inaccessible Rêve
Illusion Passagère Douleur Dévorante Passion Eternelle
Bêtise Humaine aussi...
A quoi bon se mentir ?
Nos plumes détraquées
Ne font jamais qu'écrire
Des mots simples pour dire
Des choses compliquées.

 

Abdoulaye Idrissa Moubarak
Palmarès 2004
Second prix de Terminale

...Paix...
Je vois rouge. Du sang dans les veines, rouge. De la peinture jetée sur un mur, rouge. Des nuages crépusculaires,
rouge.
Je veux du rouge...sur ma peau blanche. Sur ces murs jaunes affadis par les ans, je veux du rouge. Je veux du
rouge dans le ciel et dans l'eau, je veux voir l'écarlate sur la neige et les visages.
Je veux des larmes ensanglantées...à l'image de la douleur qu'elles laissent couler à flot...De l'encre sanguine
pour pleurer sa peine sur le papier...Des gouttes carminées pour arroser ce monde de nouvelles couleurs... On ne
garde pas la colère et la tristesse dans des pastels, on l'exorcise dans le rouge. Il faut ouvrir la plaie des coeurs
blessés... Sur une feuille rouge je trace en blanc les mots de paix...La tempête s'apaise, la feuille s'envole et le
rouge disparaît. La feuille se pose sur une rivière de larmes translucides, et moi, je regagne ma transparence…

 

Anaïs Benoît
Palmarès 2004
Second prix de Terminale

Larme de lune

Ô ma lune la nuit dans les cieux scintillante
Mon esprit affaibli recherche ta clarté
Mon esprit repenti implore ta bonté
Douce lune de miel suave et élégante.
Chante ma lune d'eau pour mon âme souffrante
et sois le rossignol d'un espoir épuisé
Car tout au fond de moi rien n'est plus à puiser
et ma tête est restée dans la lune mourante.
Mais c'est encore là-haut qu'elle est la plus heureuse,
Loin des mots, des débris d'une vie poussiéreuse,
Et au milieu d'un flot de propos agités,
Carrousel amarré au port de mes mensonges,
Toujours prêt au voyage au travers de mes songes,
Se refusant souvent à la réalité.

 

Mathilde Lavergne
Palmarès 2004
Troisième prix de Terminale

Un soir de novembre, la pluie battante
Embuée les verres de mes lunettes.
J'ai couru jusqu'à la salle d'attente
J'ai couru jusqu'à sa perte...
J'ai enlevé mes lunettes embuées,
Je n'ai pas vu de suite ce geste,
La pluie et les larmes...mon regard embué...
On me désignait la porte, cette peste.
J'ai poussé la porte du vivant
Pour entrer là ou respirait la mort
Elle était morte juste avant.
J'ai lâché mes lunettes face à ce sort.
Elles se brisèrent sur ce sol glacial,
Ce sol qui a porté ses derniers pas.
Seul face à celle qui a poussé la porte impériale
Seul face à celle que je ne reverrai pas.
J'ai titubé, marché sur mes verres,
Mes yeux, lâches,ne pouvaient la voir.
J'ai bredouillé quelques prières,
Dans ce blanc hôpital, il faisait si noir...
J'ai embrassé sa peau froide et morte,
J'ai laissé mes lunettes là où elles étaient.
J'ai titubé jusqu'à la porte,
Laissant mes verres porter son dernier reflet.

 

Recchia Carmen
Palmarès 2004
Troisième prix de Terminale

Je voudrais...
Je voudrais toucher le vert ciel
Je voudrais voir la voix d'un enfant
Je voudrais sentir le soir
Je voudrais goûter la lumière des étoiles
Je voudrais écouter les roses riantes du paradis
Je voudrais toucher le miaulement des oiseaux
goûter le vent de l'orage
voir le lait rouge des chiens
sentir le sens secret de mon coeur
écouter la fumée jaune d'un train
Je voudrais seulement sentir, toucher, voir, écouter et goûter la vie.

 

Pascal Paris
Palmarès 2004
Premier prix de Etudiant

Le cadavre

Un corps se refroidit et gît mortifié,
Sous un manteau de vent, odeur nauséabonde.
On devine tendue sa main atrophiée,
Dans laquelle souvent la misère est féconde.
Puis l'on voit s'affaisser sa tête déliée,
Où la vermine sue de quelques plaies profondes.
Sa bouche entrouverte, pour nous remercier
Laisse sortir un souffle et des vapeurs immondes.
Cherchant à se nourrir, une meute de chiens,
Le rejoignent parfois aux abords de la rue,
Lorsqu'enfin son regard fixe un oeil inconnu.
Une enfant qui jamais ne s'enfuit devant rien,
Regarde avec son coeur l'homme qui fait la manche,
Lui pose dans la main, sa monnaie du dimanche.

 

Julie Guillemette
Palmarès 2004
Premier prix de Etudiant

Les portes de l'esprit
Plusieurs fois j'ai tenté de te faire taire
Mais sans faiblir, tu me ris au nez
Si ardemment j'attends l'heure où l'on me croira
L'heure où plus jamais tu ne m'atteindras
"Ta campagne contre moi est inutile
Jamais tu ne me détruiras
Je suis ton ombre, ton double
Que tu le veuilles ou non, j'y suis j'y reste"
J'ai cherché la paix au fond de moi,
Je n'y ai trouvé que désolation
J'ai voulu faire appel aux puissances supérieures
Personne ne m'a répondu, personne ne m'a écouté
"Que tu es ridicule!
Personne ne peut rien pour toi
Je suis ton ombre, ton double
Que tu le veuilles ou non, j'y suis j'y reste"
Comment pourrais-je me révolter ?
Sans te réveiller, toi, cet ouragan endormi
Comment briser la malédiction qui pèse sur moi ?
Sans briser les chaînes me retenant à la vie
"Jamais tu ne seras en paix
Compte sur moi, j'y veillerai personnellement
Je suis ton ombre, ton double
Que tu le veuilles ou non, j'y suis j'y reste"

 

Christel Agier
Palmarès 2004
Second prix de Etudiant

J'ai poignardé ce cahier avec l'encre de ma plume
Gravé mes maux en laissant couler le sang indigo
Se mêlant à mes larmes qui glissaient sur les carreaux
Devenant l'acier des armes de mon amertume
J'ai tant prié devant ce cahier, ce témoin fragile,
Qu'il est devenu le reflet de toutes mes souffrances
Le lieu privilégié de mes absences, de mes silences
L'espace irréel qui se transforme en terre d'exil
L'endroit de papier où je pouvais exister sans vivre,
Où je pouvais te blesser sans jamais te voir saigner,
Te faire du mal ou bien pleurer, ne pas t'épargner,
Où je pouvais écrire ta mort, publiée dans un livre
Tu avais fait de mon âme du papier déchiré,
Ressemblant à ces livres brûlés dans l'autodafé,
Quand leur fumée obscure, quand tes blessures m'étouffaient
Les douleurs que tu m'infligeais m'empêchaient de respirer
J'ai poignardé ce cahier avec l'encre de mes pleurs
Gravé mes mots en couleur transparente de l'oubli
Se mêlant aux traces effacées de la mélancolie
Devenant une page blanche, une nouvelle heure

 

Marie Léonard
Palmarès 2004
Second prix de Etudiant

La rencontre
Un crapaud ne mord pas
Il bave des baisers
Et quand vous touchez le dégoût
La force vigoureuse vous arrache un chant des plus beaux
Petit crapaud devient grand
Et sa blondeur se redresse à chaque pas
En arrière l'homme surprend la femme
Mais l'instant grave la métamorphose
Epuisé le crapaud convulse
Ses os à l'air et son coeur en dedans
Elle s'accroche à lui qui se souvient
Elle n'est pas sûre qu'elle a touché
Le désir du dégoût reste quand il s'en va
Mais déjà il s'est envolé…

 

Bertrand Coupey
Palmarès 2004
Troisième prix de Etudiant

Intimité
Aucun mot vivant dans le rouge de mon coeur,
Ne peut peindre cette rose aux mille couleurs,
Eclosion brutale à travers tout mon être,
Du germe d'un désir, naissance d'un peut-être.
Préface d'une histoire que je n'osais écrire,
Mes sens s'envolent-ils afin de me trahir?
Dire un seul mot comme une simple mélodie,
Juste un seul mot pour fonder une symphonie.
Un jour le ciel de son regard s'est envolé,
Existence embrasée par un profond regret,
Le temps désormais joue seul sa partition.
Note de nostalgie, pensées d'émotions,
Le temps a raturé ses traits dans ma mémoire,
Elle est restée le poème de mon histoire.

 

Moumen Mohamed
Palmarès 2004
Troisième prix de Etudiant

Qui hais-tu mon frère ?
Que s'est-il passé hier ?
Que s'est-il passé mon frère ?
Aussitôt notre chemin a dérivé,
Criblé d'épines où l'on ne peut récolter
Ni amour, ni espoir.
Qui hais-tu mon frère ?
Une mère a perdu son enfant ;
Que fait-t-elle maintenant ?
Elle engendre un autre enfant
Qu'elle offrira demain
Au monde des vivants,
Qui hais-tu mon frère ?
Et qui hait tue mon frère,
Mais qui es-tu mon frère ?
Et la vie reprendra, rappelle-toi ;
Dans les nuits froides de l'oubli,
Les grands vents emporteront
Feuilles mortes, souvenirs, regrets et aussi
Les deuils, les peines et les désespoirs…

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