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Vincent Legeay Palmarès 2004 Premier prix de Seconde
Murmures Etranges sensations que ces soufflements pour les sens. Des milliers de notes qui rentrent dans la danse. Le doux bruit tout à coup brutal fait encore des siennes Comme un immense bonheur dans cette immense peine. Un battement de coeur, la musique qui démarre, Quelques paroles insensées tirées d'on ne sait où. L'esprit de tout ceci ne rendant pas l'espoir, S'éloigne peu à peu pour partir d'un coup. Maintenant le silence présent sur chaque bouche. Fantôme de phrases évanoui à chaque touche. Plus que ce bruit pour calmer toutes larmes, Bien réel, bien vivant, ne possédant pas d'arme. Que le pouvoir de jouer et de toucher les âmes. Insuffisant pour couvrir les souffrances Débarquées sans prévenir avec l'aide des flammes, N'ayant que le silence pour toute conséquence. De ce murmure éternel plus personne ne rira Car chacun au son de l'orgue se rappellera Cette mère en sanglots qui serre de tout son corps La dépouille restée muette du petit garçon mort…
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Cyrine Ben Hassine Palmarès 2004 Premier prix de Seconde
Les cauchemars bleus Dans cette ère où pénombre triompha Je trouve peine à me défaire De cauchemars où le mal je vois Déchiquetant les ombellifères Ce tourment tactile que je frôle Cette amertume qui s'ensuit Cette main gelée sur mon épaule Dont toute lumière s'enfuit Là -bas au loin ces farfadets Qui de nos espérances tatouinent Qui nos navires font chavirer Détenant en main nos boulines Moi dans la brousse je déambule Perdue à l'antre de la fantaisie Telle une enfant candide, crédule Je ne sais point où j'en suis Leurs rires hideux de l'agonie Aux festins d'âmes malveillantes Toute cette funèbre ironie Qu'ils sèment est empoisonnante Céder à la rêverie ou plaindre Cette massacrante réalité Que de ma vie je ne veux plus craindre Mon choix est désormais fait
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Ilaria Alemano Palmarès 2004 Second prix de Seconde
Tes yeux Je les voyais Je les regardais Avec la pensée Je les caressais Je les désirais et je les aimais Mais tout d'un coup Le temps s'est arrêté En me disant : " Ne me perds pas Pour deux yeux clairs ".
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Laëtitia Le Men Palmarès 2004 Second prix de Seconde
La rose qui n'avait pas d'épine Elle est restée derrière la vitre qui pleure La poussière d'or masquée d'étoiles grisées La rose fanée de leurs pluies de plomb brisées Elle est restée derrière sa vie par erreur Prisonnière des murs au parfum de ses larmes Règnent les échos des regards inébranlables En elle est gravée la différence ineffable Et dans un dernier souffle elle a rendu les armes Elle s'est enfuie du pauvre sol pour son esprit La couleur enivrante de ces rêves sourds La chaude lueur ternie de ces mots trop lourds Elle s'est enfuie et la douce enfant l'a suivie Un murmure du vent d'un langage angélique L'appela dans un bouquet de rires d'enfant La souleva sur son nid de caresses blanc Bercée d'une ritournelle au charme idyllique Les coloris renaissaient des plumes des dieux Comme la neige d'argent tombait des oiseaux Miroir des astres éternels au creux de l'eau Le temps alors séduit s'est figé dans les cieux Elle est restée derrière la vitre qui pleure La poussière d'or masquée d'étoiles grisées La rose fanée de leurs pluies de plomb brisées Elle est restée derrière la vie qui se meurt.
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Zamfir Raluca Palmarès 2004 Troisième prix de Seconde
Jeu d'enfant…
Le soleil verse des rayons de sang La lune ne se lève plus, Les étoiles sont vaincues, Les planètes se tourmentent, L'univers est seul et infini, L'herbe pousse de haut en bas, Les terriens ont quitté la vie, Les oiseaux ne chantent pas, L'arc-en-ciel a deux couleurs : Blanc et noir ; La jungle murmure à peine, Les rues - pleines de voleurs, Les gens perdent l'espoir, Les uns sont gais et vivants Les autres pleurent et meurent, ...je suis morte depuis longtemps... mais je vis…
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Angélique Badin Palmarès 2004 Troisième prix de Seconde
Petite souris Je souris, petite souris Qui trompe le bouffi matou. A malin, malin et demi Félin tu trouves plus filou. Attention petite souris, Le chat fâché ne sourit plus Il n aime pas la moquerie. Attentionné, il ne joue plus. Cache-toi petites souris! Vite, vite entre dans ton trou! Souriceau rusé n'est pas pris. Quel maladroit ce gros matou! Vexé minou s'est endormi. Pour l'instant il ne chasse plus. Il rêve et lui aussi sourit. Danse souris au nez poilu! Souriceau poltron que nenni, Plutôt prudent du m'as-tu vu, Trotte souris, pas vu, pas pris. Matou matois est dépourvu. Dès potron-minet la souris, Point ne galope, point ne joue. Du minet elle s'en méfie. Félin est un fieffé filou.
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Antoine Villard Palmarès 2004 Premier prix de Première
La nef du Temps
Depuis l'auguste voûte, le soleil tranquille Baigne de ses rayons une mer immobile, Et le vent, caressant l'écume de dentelles, Chante haut les louanges du ciel immortel Mais l'on entend soudain un fracas de tambours : Sur les flots bleus navigue un vaisseau noir et lourd. Noirs sont ses quinze mâts, et noires sont ses voiles. Un singulier théâtre se joue dans ses cales. Parmi les galériens, un squelette est debout, Qui frappe des tambours de mille et mille coups, Et son crâne se tord en un sourire rance, C'est la mort qui est là , et qui bat la cadence ! Et roulent les tambours, avec leur sombre bruit, Et roulent les tambours, roulent à tour de bras ! De leur sueur brûlante, les rameurs sont gras, Le vaisseau noir navigue au soleil de midi. Ainsi vogue le temps, qui fleurit les campagnes, Le temps qui, doucement, agite le berceau... Le temps qui nous trahit, et nous traîne au tombeau ! Ainsi vogue le temps, qui abat les montagnes. Et roulent les tambours, héraults de l'agonie, Et roulent les tambours, jusqu'à notre trépas ! Car déjà , c'est le soir, et les rameurs sont las... La barge funéraire se fond dans la nuit.
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Katia Belkhodja Palmarès 2004 Premier prix de Première
1er prix : , , , Dix-neuvième Marathon morbide de mes mots sur le papier Que j'écris à genoux devant des souvenirs D'une autre époque, des veules et lentes araignées Au plafond de l'écrivain qui savait souffrir Mes larmes ont la couleur du sang de Baudelaire Mon regard dément a la langueur du spleen Je voudrais suffoquer, me noyer dans ses vers Brûler dans ce bûcher, ardente et assassine J'aurais été sorcière si j'étais née plus tôt Mélusine maléfique d'une Salem bien-pensante Avec une fleur de lys tatouée sur le dos J'aurais mordu des lèvres dans ma mâchoire sanglante Aux Halles de Paris, j'aurais fait la voleuse Rêveuse courant les rues, sauvages pour mes victimes Crachant sur les commères, dans ma figure de gueuse, Deux grands yeux innocents attristés par le crime Et Rimbaud et Verlaine, fous amoureux de moi Écriraient des merveilles d'amour et d'émotion La cruauté douceâtre d'une robe de soie Aurait miné leurs âmes et tué leurs passions Mais qui que j'eusse été dans ce siècle à d'autres D'autres femmes, d'autres auteurs, d'autres folles amantes J'aurais quand même été la triste et sombre apôtre De notre amour naïf qui s'étonne Que tu me mentes
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Emmanuelle Bernasconi Palmarès 2004 Second prix de Première
Astre d'Opale
Lune couleur d'opale, Pâle comme une morte lointaine. Ta tendresse est paradoxale A ton apparence froide et hautaine. Tu as vu défiler les âges, Les malheurs, les péchés humains. Avec un regard triste et sage L'influence mystique du malin. Tu donnes aux pillards ta lumière, Aux savants ton inspiration Tu montres le chemin des enfers, Aux victimes de la damnation. Tu es l'artisane du ciel, Et de tes fines mains d'argent Sortent des anges emplis de fiels, Qui prennent des airs terrifiants Tu aimes la vie, tu fuis le temps L'heure de la mort tu ne sais point. Déesse lunaire, astre brillant, Amante éternelle de l'être humain…
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Marie Dercourt Palmarès 2004 Second prix de Première
Poème : Soir d'été Voici venue la nuit La nature dévoile Ce qui reste de la vie Peut-être un voile Le soleil se couche La mer bleue s'assouvit Les couleurs s'ébauchent Sur le ciel de Mali Tout ceci est trésor Présage d'un pur monde Plus précieux que de l'or Plus beau que ton onde Les étoiles se glissent L'astre blond s'évanouit La lune s'immisce Et tes yeux saphir luit Puis ton corps s'enivre Ton esprit s'évide Phébus se délivre Toi, tu sors du vide
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Boubacar Alhassane Palmarès 2004 Troisième prix de Première
J'aime J'aime le message de la mer Le bruit des pas sur les routes L'espoir au fond des prisons Le refus des agenouillements La dernière balle du dernier traqué de Thiaroy J'aime le paysan sous le soleil La solitude verte du berger Les rêves à la clarté des étoiles Les voix flexueuses au bord de la lagune J'aime les velours des cerisiers Les heures douces sous les tamariniers Les chevauchements des cauris sur le van La rondeur des calebasses pleines J'aime la danse autours du feu La danse au clair de lune Les ivresses du "toto" J'aime le sinistré de la dernière pluie Les enfants pour leur innocence Les filles pour leur soupir d'amour Les femmes pour leur clair sourire.
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Cindy Falquet Palmarès 2004 Troisième prix de Première
Poème : L'archée
J'ai jamais su vraiment manier l'art du retour Et ces mots qui te blessent voudraient parler d'amour De mes rêves à tes lèvres il y a tant de détours Mes ailes se sont brisées sur les murailles des jours Personne dans la plaine ne sait ce drame d'hiver Chacun d'entre vous passe et mes larmes l'indiffèrent Pas d'ange à l'horizon sur cette sphère de misère Je reste avec ma peine dans ma prison de verre Et lorsque sonne l'heure comme on déclare la guerre La foule se met en marche, libérée de ses fers Et les oiseaux s'envolent comme autant de prières Les yeux soudain s'éclairent d'une vie éphémère Et moi parmi les Autres je cherche la lumière Et de mon coeur à vif, j'ai embrasé la Terre Incandescence unique que ma raison fit taire Je fais ma vie des sangs d'une passion meurtrière Sur l'encolure d'oubli, enfin mes bras se serrent De son aura de feu, ton nom brûle mes chairs Au galop des adieux mon âme vise l'Enfer Mais dans ma nuit, l'Amour se cabre de colère Car mon coeur immuable croit encore aux toujours Et toi si désirable je t'appelle au secours Et tes yeux de silence irradient en retour J'ai jamais su vraiment manier l'arc de l'Amour...
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Caterina Iacob Palmarès 2004 Premier prix de Terminale
Au bord de rêve Au bord de chaque rêve Il reste un désir non-accompli Une mystérieuse nostalgie, un furtif esprit L'espoir d'un jour plus complet Au bord de chaque rêve Il reste une larme sèche dans le malaise Un amour perdu au fond de l'abîme Dans l'ombre d'un fait surgi du désir Au bord de chaque rêve Il reste un sentiment de crainte Une pensée cachée, confuse et vague Qui te transforme brusquement en diable Au bord de chaque rêve Nous restons seuls à côté des illusions En essayant l'âme ouverte De survivre entre les confusions.
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Thibaut Giraud Palmarès 2004 Premier prix de Terminale
Nos plume détraquées
Salir la page blanche en un pauvre poème Poser le premier mot poser le premier vers Ajuster la césure avec art et manière Rêver d'être un auteur quand on est que soi-même Je suis le ténébreux le veuf l'inconsolé Empruntant à Rimbaud Baudelaire ou Nerval Fascinants forgerons de lignes inégales Pardonnez-moi les vers que je vous ai volés Suis-je auteur ou plagiaire ? Inventeur ou larron ? Je suis le ténébreux le veuf l'usurpateur De ces mots dont jamais je ne serai l'auteur Car je n'ai jamais su traverser l'Achéron Tant la lyre d'Orphée instrument indocile Refuse d'obéir à mes doigts malhabiles Fin. Pauvre sonnet. Que voulez-vous... Il y a des jours parfois Où les mots sonnent faux Espoir Aveugle Beauté Muette Inaccessible Rêve Illusion Passagère Douleur Dévorante Passion Eternelle Bêtise Humaine aussi... A quoi bon se mentir ? Nos plumes détraquées Ne font jamais qu'écrire Des mots simples pour dire Des choses compliquées.
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Abdoulaye Idrissa Moubarak Palmarès 2004 Second prix de Terminale
...Paix... Je vois rouge. Du sang dans les veines, rouge. De la peinture jetée sur un mur, rouge. Des nuages crépusculaires, rouge. Je veux du rouge...sur ma peau blanche. Sur ces murs jaunes affadis par les ans, je veux du rouge. Je veux du rouge dans le ciel et dans l'eau, je veux voir l'écarlate sur la neige et les visages. Je veux des larmes ensanglantées...à l'image de la douleur qu'elles laissent couler à flot...De l'encre sanguine pour pleurer sa peine sur le papier...Des gouttes carminées pour arroser ce monde de nouvelles couleurs... On ne garde pas la colère et la tristesse dans des pastels, on l'exorcise dans le rouge. Il faut ouvrir la plaie des coeurs blessés... Sur une feuille rouge je trace en blanc les mots de paix...La tempête s'apaise, la feuille s'envole et le rouge disparaît. La feuille se pose sur une rivière de larmes translucides, et moi, je regagne ma transparence…
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Anaïs Benoît Palmarès 2004 Second prix de Terminale
Larme de lune
Ô ma lune la nuit dans les cieux scintillante Mon esprit affaibli recherche ta clarté Mon esprit repenti implore ta bonté Douce lune de miel suave et élégante. Chante ma lune d'eau pour mon âme souffrante et sois le rossignol d'un espoir épuisé Car tout au fond de moi rien n'est plus à puiser et ma tête est restée dans la lune mourante. Mais c'est encore là -haut qu'elle est la plus heureuse, Loin des mots, des débris d'une vie poussiéreuse, Et au milieu d'un flot de propos agités, Carrousel amarré au port de mes mensonges, Toujours prêt au voyage au travers de mes songes, Se refusant souvent à la réalité.
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Mathilde Lavergne Palmarès 2004 Troisième prix de Terminale
Un soir de novembre, la pluie battante Embuée les verres de mes lunettes. J'ai couru jusqu'à la salle d'attente J'ai couru jusqu'à sa perte... J'ai enlevé mes lunettes embuées, Je n'ai pas vu de suite ce geste, La pluie et les larmes...mon regard embué... On me désignait la porte, cette peste. J'ai poussé la porte du vivant Pour entrer là ou respirait la mort Elle était morte juste avant. J'ai lâché mes lunettes face à ce sort. Elles se brisèrent sur ce sol glacial, Ce sol qui a porté ses derniers pas. Seul face à celle qui a poussé la porte impériale Seul face à celle que je ne reverrai pas. J'ai titubé, marché sur mes verres, Mes yeux, lâches,ne pouvaient la voir. J'ai bredouillé quelques prières, Dans ce blanc hôpital, il faisait si noir... J'ai embrassé sa peau froide et morte, J'ai laissé mes lunettes là où elles étaient. J'ai titubé jusqu'à la porte, Laissant mes verres porter son dernier reflet.
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Recchia Carmen Palmarès 2004 Troisième prix de Terminale
Je voudrais... Je voudrais toucher le vert ciel Je voudrais voir la voix d'un enfant Je voudrais sentir le soir Je voudrais goûter la lumière des étoiles Je voudrais écouter les roses riantes du paradis Je voudrais toucher le miaulement des oiseaux goûter le vent de l'orage voir le lait rouge des chiens sentir le sens secret de mon coeur écouter la fumée jaune d'un train Je voudrais seulement sentir, toucher, voir, écouter et goûter la vie.
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Pascal Paris Palmarès 2004 Premier prix de Etudiant
Le cadavre
Un corps se refroidit et gît mortifié, Sous un manteau de vent, odeur nauséabonde. On devine tendue sa main atrophiée, Dans laquelle souvent la misère est féconde. Puis l'on voit s'affaisser sa tête déliée, Où la vermine sue de quelques plaies profondes. Sa bouche entrouverte, pour nous remercier Laisse sortir un souffle et des vapeurs immondes. Cherchant à se nourrir, une meute de chiens, Le rejoignent parfois aux abords de la rue, Lorsqu'enfin son regard fixe un oeil inconnu. Une enfant qui jamais ne s'enfuit devant rien, Regarde avec son coeur l'homme qui fait la manche, Lui pose dans la main, sa monnaie du dimanche.
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Julie Guillemette Palmarès 2004 Premier prix de Etudiant
Les portes de l'esprit Plusieurs fois j'ai tenté de te faire taire Mais sans faiblir, tu me ris au nez Si ardemment j'attends l'heure où l'on me croira L'heure où plus jamais tu ne m'atteindras "Ta campagne contre moi est inutile Jamais tu ne me détruiras Je suis ton ombre, ton double Que tu le veuilles ou non, j'y suis j'y reste" J'ai cherché la paix au fond de moi, Je n'y ai trouvé que désolation J'ai voulu faire appel aux puissances supérieures Personne ne m'a répondu, personne ne m'a écouté "Que tu es ridicule! Personne ne peut rien pour toi Je suis ton ombre, ton double Que tu le veuilles ou non, j'y suis j'y reste" Comment pourrais-je me révolter ? Sans te réveiller, toi, cet ouragan endormi Comment briser la malédiction qui pèse sur moi ? Sans briser les chaînes me retenant à la vie "Jamais tu ne seras en paix Compte sur moi, j'y veillerai personnellement Je suis ton ombre, ton double Que tu le veuilles ou non, j'y suis j'y reste"
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Christel Agier Palmarès 2004 Second prix de Etudiant
J'ai poignardé ce cahier avec l'encre de ma plume Gravé mes maux en laissant couler le sang indigo Se mêlant à mes larmes qui glissaient sur les carreaux Devenant l'acier des armes de mon amertume J'ai tant prié devant ce cahier, ce témoin fragile, Qu'il est devenu le reflet de toutes mes souffrances Le lieu privilégié de mes absences, de mes silences L'espace irréel qui se transforme en terre d'exil L'endroit de papier où je pouvais exister sans vivre, Où je pouvais te blesser sans jamais te voir saigner, Te faire du mal ou bien pleurer, ne pas t'épargner, Où je pouvais écrire ta mort, publiée dans un livre Tu avais fait de mon âme du papier déchiré, Ressemblant à ces livres brûlés dans l'autodafé, Quand leur fumée obscure, quand tes blessures m'étouffaient Les douleurs que tu m'infligeais m'empêchaient de respirer J'ai poignardé ce cahier avec l'encre de mes pleurs Gravé mes mots en couleur transparente de l'oubli Se mêlant aux traces effacées de la mélancolie Devenant une page blanche, une nouvelle heure
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Marie Léonard Palmarès 2004 Second prix de Etudiant
La rencontre Un crapaud ne mord pas Il bave des baisers Et quand vous touchez le dégoût La force vigoureuse vous arrache un chant des plus beaux Petit crapaud devient grand Et sa blondeur se redresse à chaque pas En arrière l'homme surprend la femme Mais l'instant grave la métamorphose Epuisé le crapaud convulse Ses os à l'air et son coeur en dedans Elle s'accroche à lui qui se souvient Elle n'est pas sûre qu'elle a touché Le désir du dégoût reste quand il s'en va Mais déjà il s'est envolé…
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Bertrand Coupey Palmarès 2004 Troisième prix de Etudiant
Intimité Aucun mot vivant dans le rouge de mon coeur, Ne peut peindre cette rose aux mille couleurs, Eclosion brutale à travers tout mon être, Du germe d'un désir, naissance d'un peut-être. Préface d'une histoire que je n'osais écrire, Mes sens s'envolent-ils afin de me trahir? Dire un seul mot comme une simple mélodie, Juste un seul mot pour fonder une symphonie. Un jour le ciel de son regard s'est envolé, Existence embrasée par un profond regret, Le temps désormais joue seul sa partition. Note de nostalgie, pensées d'émotions, Le temps a raturé ses traits dans ma mémoire, Elle est restée le poème de mon histoire.
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Moumen Mohamed Palmarès 2004 Troisième prix de Etudiant
Qui hais-tu mon frère ? Que s'est-il passé hier ? Que s'est-il passé mon frère ? Aussitôt notre chemin a dérivé, Criblé d'épines où l'on ne peut récolter Ni amour, ni espoir. Qui hais-tu mon frère ? Une mère a perdu son enfant ; Que fait-t-elle maintenant ? Elle engendre un autre enfant Qu'elle offrira demain Au monde des vivants, Qui hais-tu mon frère ? Et qui hait tue mon frère, Mais qui es-tu mon frère ? Et la vie reprendra, rappelle-toi ; Dans les nuits froides de l'oubli, Les grands vents emporteront Feuilles mortes, souvenirs, regrets et aussi Les deuils, les peines et les désespoirs…
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